À Kinshasa, l’avenue Elengesa, rebaptisée Félix Tshisekedi, fait l’objet de nombreuses critiques en raison de sa dégradation rapide. Pourtant, derrière cette situation se cache une réalité plus nuancée, qui met en lumière les limites structurelles du réseau urbain et le rôle déterminant joué par l’ancien gouverneur Gentiny Ngobila.
Lancée en 2019, cette infrastructure majeure longue de plus de 6 kilomètres a été réalisée grâce à l’engagement direct du gouverneur, qui a mobilisé des ressources propres pour concrétiser un projet longtemps attendu par les populations de Makala, Bumbu et Mont-Ngafula. À l’époque, l’objectif était clair : désenclaver plusieurs zones de la capitale et fluidifier la circulation dans une ville en pleine expansion.
Les travaux, exécutés par Adi Construction Sarl, ont permis la réhabilitation complète de cet axe stratégique, incluant la chaussée et les ouvrages de drainage. L’avenue Elengesa s’est rapidement imposée comme un symbole de modernisation urbaine et de volontarisme politique au niveau provincial.
Cependant, la dégradation observée aujourd’hui ne saurait être attribuée uniquement à la qualité de l’ouvrage. Selon plusieurs sources concordantes, elle résulte en grande partie du mauvais état des installations de la Régie de distribution d’eau, dont les conduites vétustes et défectueuses provoquent des infiltrations d’eau sous la chaussée. Ces fuites répétées fragilisent la structure de la route, entraînant fissures, affaissements et formation de nids-de-poule.
Ce constat met en évidence un problème plus profond : l’absence de coordination efficace entre les différents services publics en charge des infrastructures urbaines. Une route, aussi bien construite soit-elle, ne peut résister durablement si les réseaux souterrains qui la traversent ne sont pas réhabilités simultanément.
Dans ce contexte, le projet Elengesa apparaît avant tout comme l’expression d’un leadership visionnaire. En initiant et en finançant cette route, Gentiny Ngobila a démontré une volonté de répondre concrètement aux besoins des Kinois, dans un environnement marqué par des contraintes budgétaires et institutionnelles importantes.
Aujourd’hui, la situation de cette avenue pose la question de la responsabilité collective dans la gestion et l’entretien des infrastructures publiques. Elle rappelle surtout qu’au-delà de la construction, la durabilité des ouvrages dépend d’une approche intégrée, impliquant l’ensemble des acteurs concernés.
L’avenue Elengesa reste ainsi le symbole d’une ambition réelle pour Kinshasa, mais aussi le reflet des défis persistants en matière de planification urbaine et de gouvernance des services publics.
ML






