Le débat constitutionnel reprend de plus belle en République démocratique du Congo, porté cette fois par une voix familière de la scène politique. Willy Bakonga s’invite dans l’arène avec une déclaration qui résonne comme un coup de tonnerre : pour lui, l’heure est venue de changer la Constitution et d’ouvrir la voie à une « quatrième République ».
Dans une intervention en lingala, empreinte de conviction et d’assurance, l’ancien ministre de l’éducation nationale a dressé un regard critique sur les précédentes expériences institutionnelles du pays. Selon lui, les échecs des première et deuxième Républiques imposent aujourd’hui une refondation profonde, portée par une nouvelle dynamique politique sous l’ère de Félix Tshisekedi.
Mais au-delà de la réforme institutionnelle, c’est la question de la continuité du pouvoir qui s’est invitée au cœur de son discours. Balayant d’un revers de main les spéculations sur un départ du chef de l’État, Willy Bakonga a défendu avec ferveur son maintien, interrogeant : « Il va partir pour aller où ? », comme pour sceller une certitude politique dans un contexte en pleine effervescence.
Dans un élan presque militant, il a affirmé que le choix du peuple congolais serait déjà tranché, saluant au passage ce qu’il considère comme un bilan positif du président. Une prise de position assumée, qui s’inscrit dans une logique de soutien affirmé au pouvoir en place.
À Kinshasa, ces propos ne passent pas inaperçus. Ils ravivent un débat aussi sensible que déterminant : celui de l’avenir institutionnel du pays. Entre aspirations au changement et attachement à l’ordre constitutionnel, la RDC se retrouve une fois de plus à la croisée des chemins, là où chaque mot prononcé peut redessiner les contours de son destin politique.
Guy Yuma G-Y






