La République démocratique du Congo est en deuil. Catherine Nzuzi wa Mbombo, figure emblématique de la scène politique congolaise, est décédée ce mercredi 18 mars à Kinshasa.
Née en 1944 à Tshumbe, dans la province du Sankuru, celle que beaucoup appelaient affectueusement « Maman TKM » laisse derrière elle un parcours politique exceptionnel, marqué par une présence constante dans les grandes étapes de l’histoire du pays. Très tôt engagée, elle devient à 23 ans bourgmestre de la commune de la Gombe, avant d’occuper plusieurs fonctions de premier plan au sein de l’appareil d’État.
Elle sera notamment commissaire provinciale, vice-gouverneur de Kinshasa, gouverneur du Bas-Zaïre puis de la ville de Kinshasa. Au sommet du régime du Mouvement populaire de la révolution (MPR), elle accède au poste de deuxième vice-présidente du Comité central, un rang stratégique dans le système politique de l’époque.
Après la chute du régime Mobutu, Catherine Nzuzi wa Mbombo traverse une période difficile marquée par l’emprisonnement, avant de revenir sur la scène politique. Elle participe à la transition issue du dialogue intercongolais en tant que ministre de la Solidarité et des Affaires humanitaires, puis se porte candidate à l’élection présidentielle de 2006.
Au-delà de ses fonctions, elle s’est imposée comme une pionnière de l’engagement féminin en RDC. À travers ses actions, elle a contribué à l’émergence et à l’encadrement de nombreuses femmes dans la vie publique et économique. Femme d’expérience, elle était pour beaucoup une référence, une formatrice et une mémoire vivante de la politique congolaise.
ML






