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Kinshasa : face à l’insalubrité et l’insécurité, Daniel Bumba renvoie la balle aux bourgmestres

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Le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, a réuni le 11 mars les bourgmestres et leurs adjoints pour une séance de travail consacrée à la lutte contre l’insalubrité et l’insécurité urbaine. À l’issue de cette rencontre, il leur a demandé de s’impliquer davantage dans l’évacuation des déchets, l’éradication des marchés pirates et la libération des emprises publiques.

Cette démarche interroge toutefois sur la répartition réelle des responsabilités dans la gestion de la capitale. En effet, selon la Constitution de la République démocratique du Congo de 2006, notamment ses articles 3, 202 et 204, les provinces disposent de compétences importantes dans des domaines tels que l’urbanisme, l’environnement et l’aménagement du territoire.

La Loi organique n°08/016 du 7 octobre 2008 sur les Entités Territoriales Décentralisées précise par ailleurs que les communes jouissent d’une autonomie administrative, mais qu’elles agissent sous la coordination et la tutelle de la province. En d’autres termes, si les bourgmestres exécutent des missions locales, la planification et l’organisation des politiques urbaines relèvent d’abord du gouvernement provincial.

Dans ces conditions, demander aux communes de résoudre la crise d’insalubrité et la montée de l’insécurité peut apparaître comme un déplacement de responsabilité. Car les communes de Kinshasa ne disposent ni des moyens logistiques, ni des budgets structurels, ni des infrastructures nécessaires pour gérer seules des défis urbains d’une telle ampleur.

La réalité observable dans plusieurs quartiers de la capitale accumulation des déchets, prolifération des marchés pirates, recrudescence des braquages et des enlèvements souligne surtout l’absence d’une stratégie provinciale structurée et durable.

Ainsi, au-delà des réunions et des injonctions administratives, la question centrale reste celle de la capacité du gouvernement provincial à piloter une politique urbaine cohérente, dotée de moyens réels et de mécanismes d’évaluation.

À Kinshasa, la crise de l’insalubrité et de l’insécurité ne pourra être résolue par de simples appels à l’implication des bourgmestres. Elle exige avant tout un leadership clair et une responsabilité pleinement assumée au sommet de la ville-province.

ML

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