La ville-province de Kinshasa, déjà confrontée à des défis urbains majeurs, pâtit d’une gestion marquée par l’improvisation et l’incompétence. Depuis sa nomination, le Gouverneur Daniel Bumba accumule les décisions ponctuelles qui renforcent l’impression d’un pouvoir incapable de planifier ou de répondre aux besoins fondamentaux des Kinois.
Le dernier exemple en date concerne la circulation dans la capitale. Face à l’explosion des embouteillages, Bumba a misé sur des contrôles de documents et le déploiement de 3 000 agents, plutôt que sur des solutions structurelles. Si les citoyens se sont temporairement conformés à la législation, les bouchons ont rapidement repris, l’ordre n’est pas établi, et la mobilité urbaine continue de sombrer dans le chaos.
Le problème de Kinshasa est structurel et exige des solutions durables et planifiées. Pourtant, la réponse du Gouverneur se limite à la répression ponctuelle et au contrôle technique tardif, censé réduire le nombre de véhicules en circulation — une mesure qui aurait dû être intégrée dès le départ par la SCCT. Cette stratégie improvisée révèle un manque flagrant de vision et de planification.
Sa communication reflète cette même approche : superficielle et spectaculaire. En s’entourant d’influenceurs pour « vendre » sa communication, Daniel Bumba semble croire que l’image publique peut masquer l’incapacité à gouverner. Ce choix symbolise une médiocrité institutionnelle préoccupante, où le divertissement supplante la transparence et l’efficacité administrative.
Kinshasa mérite un leadership capable d’anticiper, de planifier et de mettre en œuvre des politiques de mobilité et de gouvernance adaptées aux réalités de sa population. À force de décisions improvisées, ponctuelles et souvent inefficaces, la capitale donne l’impression d’être gérée au jour le jour, sans stratégie ni ambition réelle pour résoudre ses problèmes structurels.
Entre communication spectacle et mesures cosmétiques, Daniel Bumba laisse Kinshasa sombrer dans le désordre urbain et l’incivisme, donnant l’impression que l’on peut gouverner la ville par l’image plutôt que par l’action concrète.
ML






