Le derby de Lubumbashi entre TP Mazembe et Saint-Éloi Lupopo, considéré comme l’une des rencontres les plus emblématiques du football congolais, a tourné dimanche à une confrontation marquée par des tensions, des violences et des accusations réciproques.
Face à la gravité des incidents enregistrés lors de cette affiche très attendue, la Linafoot a décidé de suspendre les résultats du match en attendant les conclusions des instances disciplinaires.
Pourtant, tout avait commencé presque normalement.
La rencontre n’a accusé qu’un léger retard de cinq minutes, provoqué par quelques altercations entre supporters dans les tribunes.
Mais au fil des minutes, l’atmosphère s’est progressivement alourdie, jusqu’à atteindre un point de rupture au moment de la reprise de la seconde période, rendant impossible la poursuite normale de la rencontre.
Très vite, les deux camps se sont livrés à un échange d’accusations, chacun reprochant à l’autre d’avoir eu recours à des pratiques fétichistes supposées, une polémique qui a rapidement embrasé les tribunes et les réseaux sociaux.
Sur sa page officielle, le TP Mazembe a accusé le camp de Saint-Éloi Lupopo d’avoir envahi l’aire de jeu et empêché la reprise de la seconde période, tout en dénonçant l’utilisation de pratiques mystiques pendant la rencontre.
Du côté des Cheminots, ces accusations sont catégoriquement rejetées.
Contacté après les incidents, Jean-Luc Kapend, secrétaire exécutif de Lupopo, a plutôt pointé du doigt ce qu’il considère comme des provocations du club rival.
« Au retour des vestiaires, le climat s’est envenimé lorsque le gardien de TP Mazembe s’est livré à des pratiques perçues comme fétichistes », a-t-il affirmé.
Il accuse également certains dirigeants du club noir et blanc d’avoir tenu, avant la rencontre, des propos susceptibles d’attiser la tension parmi les supporters.
Ces incidents ont malheureusement fait plusieurs blessés dans les deux camps.
Selon des sources proches de Lupopo, plusieurs supporters auraient été gravement touchés, tandis que certains joueurs ont subi des blessures légères.
Dans la confusion générale, les joueurs de Lupopo, incapables d’accéder à leur vestiaire au moment des violences, ont été escortés par leurs supporters jusqu’à un véhicule de la police qui a finalement assuré leur évacuation en toute sécurité.
Du côté de Mazembe, on déplore également des blessés ainsi que d’importants dégâts matériels.
Un bus aurait été saccagé et plusieurs sièges du stade auraient été détruits lors des affrontements.
Face aux critiques sur l’organisation sécuritaire de cette rencontre à haut risque, la Linafoot assure avoir pris toutes les dispositions nécessaires en amont.
Pation Mutosh, chargé de communication de la Linafoot pour le Grand Katanga, affirme que les autorités provinciales avaient été associées à la préparation sécuritaire de ce derby particulièrement sensible.
Selon lui, la police avait assuré la mobilisation de plus de 500 agents pour encadrer la rencontre.
Toutefois, cet effectif n’aurait finalement pas été déployé dans son intégralité le jour du match, ce qui aurait contribué aux débordements observés.
Il précise également que cinq cas de blessures mineures ont été officiellement recensés et immédiatement pris en charge par le personnel médical présent au stade Mazembe.
Au-delà de l’incident sportif, cet épisode relance le débat sur la sécurité dans les stades en République démocratique du Congo. Pour de nombreux observateurs, la suspension des résultats ne suffira pas à calmer les tensions si des mesures plus profondes ne sont pas prises pour prévenir ces violences récurrentes.
Le football congolais, qui fait vibrer des millions de supporters à travers le pays, devrait rester un moment de fête, de passion et de rassemblement populaire. Mais les débordements répétés lors des grandes affiches impliquant des clubs majeurs comme TP Mazembe, Saint-Éloi Lupopo, AS Vita Club ou DC Motema Pembe continuent d’écorner l’image du championnat national.
La décision finale de la Linafoot est désormais très attendue. Elle devra non seulement établir les responsabilités, mais aussi envoyer un signal fort pour restaurer l’esprit de fair-play et de convivialité qui devrait toujours accompagner la passion du football.
Kent Ilunga






