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Incursions armées à Mitwaba : une nouvelle alerte sécuritaire dans le “triangle de la mort”

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La récente incursion d’éléments Maï-Maï dans la base de Lusinga, située dans le territoire de Mitwaba dans la province du Haut-Katanga, ravive les inquiétudes autour de la situation sécuritaire dans cette partie du sud-est de la République démocratique du Congo.

L’attaque, survenue au cœur du Parc national de l’Upemba mardi dernier, rappelle que cette zone demeure fragile, régulièrement exposée aux incursions de groupes armés.

Selon plusieurs sources locales, des assaillants ont mené une opération qui a causé d’importants dégâts dans cette aire protégée considérée comme l’un des patrimoines naturels majeurs du pays.
Le site, réputé pour sa richesse écologique et sa biodiversité exceptionnelle, a été la cible d’actes de vandalisme qui menacent l’équilibre de cet écosystème unique.

Mais au-delà de la question environnementale, cet incident soulève surtout une préoccupation sécuritaire plus large.
Le territoire de Mitwaba est en effet situé dans ce que l’on appelle communément le “triangle de la mort”, une zone historiquement marquée par la présence de groupes armés et par des violences récurrentes.

Cette région englobe notamment les territoires de Mitwaba, Pweto et Manono, longtemps considérés comme un foyer d’instabilité dans le sud-est du pays.

Dans cette zone, l’ombre des milices Maï-Maï plane depuis plusieurs années.
Parmi les figures les plus connues figure Gédéon Kyungu Mutanga, ancien chef rebelle tristement célèbre dans cette région.

Jadis actif dans le triangle de la mort, il avait été intégré dans les forces régulières avant de reprendre le maquis et retourner dans la rébellion. Ses hommes sont régulièrement cités dans des incursions ou des opérations de déstabilisation dans cette partie du pays.

L’attaque signalée à Lusinga intervient ainsi dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible. Les populations locales vivent depuis longtemps dans la crainte de ces groupes armés qui, à travers des attaques sporadiques, sèment la terreur dans les villages isolés et perturbent les activités économiques et agricoles.

Face à cette situation, une délégation provinciale conduite par le gouverneur du Haut-Katanga, Martin Kazembe Shula, s’est rendue sur place pour constater l’ampleur des dégâts et évaluer la situation sécuritaire.

Devant les forces de sécurité et les autorités locales, le chef de l’exécutif provincial a tenu un discours ferme, affirmant que les autorités ne céderont à aucune forme de négociation avec les assaillants.
Selon lui, des instructions claires ont été données par la haute hiérarchie, et les forces engagées sur le terrain ont pour mission de poursuivre les assaillants jusqu’à leurs retranchements afin de les neutraliser et de les traduire devant la justice.

Toutefois, cette incursion intervient à un moment où les préoccupations sécuritaires de la République démocratique du Congo sont déjà fortement mobilisées par les tensions dans l’est du pays, notamment la menace persistante du mouvement rebelle de M23.

Dans ce contexte national marqué par des défis sécuritaires multiples, l’épisode de Mitwaba rappelle que certaines régions du pays restent vulnérables à des résurgences de violence.

Pour les observateurs, il s’agit d’un signal qui appelle à une vigilance accrue, mais aussi à une stratégie durable de stabilisation dans ces territoires longtemps marqués par l’insécurité.

La situation dans le triangle de la mort illustre ainsi la complexité des enjeux sécuritaires en République démocratique du Congo.
Entre protection des populations, préservation du patrimoine naturel et lutte contre les groupes armés, les défis restent nombreux pour garantir une paix durable dans cette partie du pays.

Kent Ilunga

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