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RDC : Néné Mpemba Luwawu, un parcours d’une vie qui inspire en ce mois consacré aux droits de la Femme

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Dans le silence vibrant du village Kipaku 2, territoire de Madimba, une silhouette en sac de pénitence capte tous les regards : celle de Mpemba Néné Luwawu, femme de foi au destin singulier, dont le parcours fascine autant qu’il interpelle. Découverte lors d’une mission de 72 heures conduite par Israël Mutombo, patron du Groupe de presse Bosolo, son histoire résonne comme un témoignage rare de consécration absolue.

Née en Angola vers les années 1970, d’un père angolais et d’une mère congolaise, Néné Luwawu est diplômée et enseignante de formation. C’est à Kinshasa, alors qu’elle lutte contre une maladie chronique, que sa trajectoire bascule. Elle découvre l’existence du prophète Tata Gonda, fondateur de l’Église Chrétienne Union du Saint-Esprit (ECUSE), un mouvement spirituel mêlant christianisme et références aux traditions africaines.

Guérie, elle y voit un signe divin. Dès lors, elle choisit de consacrer sa vie au chef spirituel Tata Gonda, leur dieu adorable, dont l’appel à l’humilité et à la pénitence s’incarne dans un symbole fort : le port du sac, matière rude utilisée pour emballer les marchandises, adoptée comme vêtement d’abaissement devant leur dieu, Tata Gonda. Ce geste fondateur marque la naissance d’un mouvement ascétique dont les fidèles embrassent une vie de renoncement et de prière.

En 1989, Néné Luwawu entre dans l’histoire de la communauté en devenant la première femme à porter le sac à l’âge de 18 ans, après le chef spirituel Tata Gonda Wasilua Wangi Yukulu, symbole de « paix ». Un acte fort, presque révolutionnaire dans sa dimension spirituelle. Aujourd’hui évangéliste internationale et responsable de la grande maison, 37 ans sans se doucher ni se brosser les dents, dormant en dehors de la maison depuis le port du sac jusqu’à présent en raison du sacrifice au profit des tiers, Luwawu Mpemba demeure une référence vivante de fidélité à la doctrine léguée par son dieu, Tata Gonda.

Après la disparition du fondateur, le 25 janvier 2004, elle ne vacille pas. Bien au contraire, sa foi s’enracine davantage. Attachée aux valeurs fondamentales de la communauté, elle adopte un mode de vie rigoureux, quasi monastique, s’élevant contre ce qu’elle perçoit comme les excès d’un monde dominé par le matérialisme et l’injustice.

Porter le sac dès le jeune âge, renoncer à une vie ordinaire, rester vierge par conviction spirituelle : autant de choix radicaux qui façonnent l’identité de Néné Mpemba. Elle incarne une spiritualité incarnée, où l’humilité, la simplicité vestimentaire et la prière constante deviennent un langage de foi. Sa vie, entièrement tournée vers l’intercession et le service communautaire, force le respect.

À Kipaku 2, son témoignage dépasse le cadre religieux. Il raconte la puissance d’une croyance assumée jusqu’au bout, l’audace d’un engagement sans retour et la beauté austère d’une vie offerte. Dans cette cité spirituelle nichée au cœur du Kongo Central, Néné Luwawu apparaît comme une flamme vivante, gardienne d’une tradition et symbole d’une foi qui défie le temps.

Edouard Tshiama

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