La justice tourne au ralenti à Kalemie.
Depuis plusieurs mois, le Tribunal de grande instance (TGI) local fonctionne en mode réduit, avec de rares audiences pénales organisées de manière irrégulière. Une situation qui alimente le malaise au sein du barreau et ravive le débat sur l’effectivité du service public de la justice dans la province du Tanganyika.
Selon des praticiens du droit, l’insuffisance d’effectifs judiciaires constitue le principal goulot d’étranglement. L’absence répétée de certains magistrats, souvent sollicités ailleurs ou appelés à d’autres fonctions, désorganiserait la programmation normale des audiences, avec pour conséquence l’accumulation des dossiers en attente.
Me John Mukonkole, défenseur judiciaire près du TGI de Kalemie, évoque une « justice sous pression », marquée par des reports en cascade et une surcharge des rares juges disponibles. Il souligne également les difficultés de fonctionnement du tribunal militaire de Kongolo, où la mobilité limitée des magistrats compromet la régularité des audiences.
Paradoxalement, au niveau national, des milliers de magistrats ont été récemment recrutés. Pour plusieurs observateurs, la question ne serait donc pas seulement celle du recrutement, mais aussi celle de la répartition et de l’affectation effective du personnel judiciaire dans les provinces les plus enclavées.
En attendant des mesures concrètes, certains responsables judiciaires tentent d’assurer l’intérim pour éviter un arrêt total des activités. Mais pour de nombreux justiciables, ces solutions ponctuelles ne suffisent plus : c’est une réorganisation structurelle du système qui est désormais attendue pour restaurer la confiance dans l’institution judiciaire locale.
Guy Yuma G-Y






