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Haut-Lomami : 1,08 milliard CDF, 132 000 USD et 1,8 milliard USD détournés ? Le scandale de la route Kamina–Kabongo éclabousse le gouvernement provincial

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Un véritable séisme politico-judiciaire secoue la province du Haut-Lomami.

L’Assemblée provinciale a officiellement saisi le Procureur général près la Cour de Cassation, Firmin Mvonde Mambu, contre trois figures clés administration provinciale, soupçonnées de détournements massifs de deniers publics.

Mais derrière les chiffres vertigineux évoqués par la commission parlementaire, un dossier cristallise particulièrement les tensions, celui des travaux de construction de la route Kamina–Kabongo.

Selon les conclusions de l’enquête parlementaire, il est reproché aux responsables visés le détournement présumé de plus de 1,08 milliard de francs congolais,
132 000 dollars américains,
Et surtout 1,8 milliard de dollars américains issus de recettes perçues illégalement au niveau des ponts-bascules.

Des retraits auraient été effectués sans pièces justificatives, en violation des règles élémentaires de la comptabilité publique.

Les personnalités concernées sont notamment
Banza Mulume Mamo, Gouverneur de province ;
Mutombo Ngoy Wa Shimba Venance, Ministre provincial des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction ;
Kasongo Sendo Félicien, Directeur provincial du Trésor et de l’Ordonnancement.

A la suite d’une question orale avec débat initiée par le député Théophile Soba Ntumba, l’ancien ministre provincial des ITPR, Mutombo Yuwak-Shimba, avait été appelé à s’expliquer devant les élus sur le contrat liant le gouvernement provincial à l’Office des Routes et sur l’état d’avancement du chantier.

Sa déclaration avait surpris plus d’un quand il avais déclaré :

« Il n’y a pas de contrat formel entre mon ministère et l’Office des Routes, car cette société appartient à l’État. »

Une affirmation lourde de conséquences, dans la mesure où des fonds publics avaient pourtant été décaissés.

Concernant les travaux lancés en août 2024, le ministre avait reconnu un bilan mitigé, évoquant notamment des difficultés météorologique.

Les chiffres communiqués faisaient état de
261 600 USD décaissés par la province ;
115 000 USD versés au Laboratoire National des Travaux Publics ;
146 600 USD retirés directement par le comptable de l’entreprise.

Sur les 46,6 km de pistes ouvertes, une grande partie serait aujourd’hui déjà dégradée, notamment en raison du passage de camions en surcharge.

Dès lors, une question s’impose, où est passé l’argent destiné à assurer la durabilité de ces travaux ?

L’hypothèse d’un détournement des fonds alloués à la route Kamina–Kabongo s’inscrit désormais dans un contexte plus large de malversations présumées révélées par la commission d’enquête.

Autre élément troublant dans ce dossier c’est la disparution du Directeur provincial de l’Office des Routes.

Appelé à éclairer les élus, il ne s’est jamais présenté à l’hémicycle de l’Assemblée provinciale.

A ce jour, il demeure introuvable, sans explication officielle.

Cette absence alimente davantage les soupçons et renforce l’impression d’opacité dans la gestion de ce dossier.

La commission parlementaire pointe également les recettes issues des ponts-bascules, infrastructures stratégiques censées générer des revenus conséquents pour la province.

Les enquêteurs évoquent des fonds perçus illégalement, laissant supposer l’existence d’un système parallèle de collecte et de captation des ressources publiques.

Si ces faits sont établis par la justice, il s’agirait d’un mécanisme structuré de détournement à grande échelle, dont les conséquences se traduisent aujourd’hui par des infrastructures défaillantes et une population pénalisée.

En portant l’affaire devant le Procureur général près la Cour de Cassation, l’Assemblée provinciale donne à ce dossier une portée nationale.

Toutes fois, les personnalités citées bénéficient de la présomption d’innocence et seule la justice pourra établir les responsabilités pénales éventuelles.

Mais dans une province confrontée à d’importants défis en matière d’infrastructures et de développement, voir des routes stratégiques se dégrader pendant que des milliards sont évoqués dans des rapports d’enquête nourrit l’indignation populaire.

Si les faits sont confirmés, le scandale du Haut-Lomami pourrait devenir l’un des plus importants dossiers de détournement présumé au niveau provincial ces dernières années.

Au-delà des chiffres, c’est la crédibilité de la gouvernance provinciale et la transparence dans la gestion des fonds publics qui sont désormais au centre du débat.

Kent Ilunga

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