Il y a un an, la ville de Bukavu est toujours sous le contrôle de la rébellion de l’AFC-M23. Après avoir envahi la ville de Goma dans le Nord-Kivu en janvier 2025, les appels à un cessez-le-feu n’ont pas été suivis ni appliqués. Les demandes formulées par l’Union africaine et toutes les menaces de sanctions ont été ignorées par l’AFC-M23, qui tenait à libérer toute la partie orientale et à atteindre Kinshasa pour chasser Félix Tshisekedi, qu’elle accuse d’être un président illégitime.
Alors que la peur caractérisait la population riveraine, ainsi que les forces de sécurité, l’aéroport de Bukavu a été envahi par ce mouvement rebelle, soutenu par l’armée rwandaise, sans rencontrer de résistance. À la différence de leur conquête de Goma le 27 janvier, les insurgés congolais, appuyés par l’armée du Rwanda, ont cette fois pris cette agglomération sans combattre. Les soldats des forces armées de la RDC avaient pour l’essentiel déserté la ville la veille pour se diriger vers Uvira.
Bukavu, l’une des villes stratégiques de la RDC, a vu son administration être délocalisée vers Uvira à cause de l’insécurité croissante. La diplomatie a été sollicitée pour résoudre cette question. Cependant, cela a été du sable mouvant. La diplomatie française avait appelée, dans une déclaration, au retrait sans délai des forces rwandaises et s’est dite prête à prendre des sanctions. Une joie de quelques minutes au sein de l’opinion, mais sur le terrain, c’est la population qui subissait les conséquences de l’envahissement, avec une économie provinciale fortement frappée.
En termes de rappel, le Président français Emmanuel Macron avait déclaré sur son compte X avoir échangé avec son homologue de la RDC, Félix Tshisekedi, réitérant la position française et appelant le Rwanda à soutenir la mise en œuvre de mesures d’urgence, parmi lesquelles un cessez-le-feu et le retrait immédiat du M23 de Bukavu.
Un an après la prise de la ville de Bukavu, les souvenirs persistent et la souffrance est bien présente. Les conséquences sont manifestes et les populations continuent de souffrir. Dès l’entrée des rebelles, les installations de la société brassicole Bralima, du PAM et de nombreux dépôts avaient été systématiquement vidés. La prison centrale s’était retrouvée désertée, tandis que les tueries, enlèvements et vols à main armée se multipliaient çà et là.
La province existe, mais on y constate deux administrations parallèles et la vie quotidienne est brisée. La ville de Bukavu reste gérée à sa manière, et les habitants du Sud-Kivu sont plongés dans le désespoir, n’espérant que sur les accords de Washington et de Doha.
Jude KALOMBO






