La scène politique du Haut-Katanga est secouée par une nouvelle polémique. Au cœur de la controverse : l’absence prolongée du gouverneur Jacques Kyabula Katwe et la plainte déposée contre le bureau de l’Assemblée provinciale pour « silence complice », ravivant les lignes de fracture au sein de la classe politique provinciale.

À l’origine de cette procédure, Justin Kyela Ngoy, président du parti Vent Nouveau, estime que l’Assemblée ne peut rester inactive face à une absence qu’il juge préoccupante pour la continuité de l’administration provinciale. En saisissant le Parquet général, l’acteur politique entend interpeller les responsabilités institutionnelles et lancer un débat sur le respect des textes.
Cette initiative n’a pas tardé à provoquer de vives réactions. Plusieurs figures politiques, dont Eric Mota et George Mawine, anciens membres du gouvernement provincial, ainsi que Lolo Kyungu, président du parti ANAFEC, ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « manœuvre et divagation politicienne », illustrant l’enjeu stratégique de cette affaire dans une province politiquement sensible.

Face à la polémique, le bureau de l’Assemblée provinciale reste ferme. Son président, Michel Kabwe Mwamba, a déclaré depuis Lubumbashi : « Nous attendons l’invitation du Parquet et de la Cour de cassation afin de présenter nos moyens de défense ». L’organe délibérant réaffirme ainsi sa légitimité et sa volonté de porter le débat sur le terrain judiciaire, dans le strict respect des procédures légales.
Au-delà des affrontements médiatiques, cette affaire soulève la question du rôle de contrôle de l’Assemblée face à l’exécutif.
L’absence prolongée du gouverneur met en lumière les mécanismes de redevabilité et la nécessité d’une communication institutionnelle claire. Dans un contexte national où la gouvernance provinciale est scrutée, le dénouement judiciaire de cette plainte pourrait faire jurisprudence et redéfinir les rapports entre exécutif et organe délibérant.
En attendant la suite judiciaire, le Haut-Katanga reste suspendu à l’évolution de ce bras de fer politico-institutionnel, révélateur des tensions et des recompositions en cours sur l’échiquier local.
Kent Ilunga






