Après le vacarme des bulldozers qui sont passés sur Pakadjuma érigés dans un désordre ambiant avec des constructions anarchiques et les conditions inhumaines des abris précaires bâtis sur les emprises ferroviaires de l’Onatra, place à présent à la relocalisation des habitants concernés vers un site qu’on aurait aménagé.
Le gouvernement provincial brandit la bannière de l’environnement et de l’ordre public, mais derrière les discours officiels, ce sont des vies entières qui basculent, des familles arrachées à leurs repères, des communautés dispersées.
On en est à s’interroger ! Mais combien de fois avons-nous entendu de telles promesses ? Combien de sites dits « préparés » se sont révélés des terrains vagues, sans eau, sans services de base ? La relocalisation, si elle n’est pas accompagnée d’un véritable projet social, n’est qu’un autre mot pour déplacement forcé.
Pakadjuma est le miroir d’une gouvernance urbaine qui agit dans l’urgence, sans vision durable. On détruit pour rappeler l’existence de l’autorité, mais on ne construit pas assez pour mettre en avant la responsabilité. Les habitants, eux, oscillent entre peur et résignation, pris au piège d’une ville qui les tolère à la marge, puis les expulse au nom de l’ordre.
Il est temps de poser la vraie question : Kinshasa veut-elle être une capitale qui protège ses citoyens ou une métropole qui les sacrifie sur l’autel de la modernité ? La démolition de Pakadjuma ne sera pas jugée à la force des engins, mais à la dignité des solutions offertes. Et pour l’instant, la balance penche irrémédiablement du côté de l’autorité sans mémoire, de la décision sans compassion.
B.M.






