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RDC : la déconcentration de l’ordonnancement marque un tournant décisif dans la modernisation des finances publiques

En février 2026 à Kinshasa, un tournant majeur est franchi dans la modernisation des finances publiques en République Démocratique du Congo. Près de quatorze ans après l’adoption de la Loi n°11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques, le Gouvernement, sous l’impulsion du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et à travers le Ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde Li-botayi, opérationnalise la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques. Cette réforme majeure concrétise une vision déjà exposée dans l’ouvrage du Ministre, « La Réforme des Finances Publiques et de l’Administration en RDC » (15 mai 2022).

Le programme prévoyait notamment l’opérationnalisation de la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP), la mise en place du réseau national des comptables publics, l’instauration du Compte Unique du Trésor (CUT), le développement du marché des titres publics, le renforcement de la profession d’expert-comptable et l’amélioration du système de production des statistiques des finances publiques. Cette réforme s’inscrit dans le Plan stratégique pluriannuel de modernisation de la Gestion des Finances Publiques (GFP), coordonné par le COREF, afin de renforcer l’efficacité, la transparence et la crédibilité de l’exécution budgétaire.

Concrètement, la déconcentration rapproche la décision d’engagement et de paiement des centres de responsabilité sectoriels, réduisant les délais de paiement, améliorant la redevabilité des gestionnaires et fluidifiant l’exécution des dépenses. Articulée avec la DGTCP et le CUT, elle contribue à la stabilité du franc congolais, à la maîtrise de l’inflation et à une meilleure coordination avec le Fonds monétaire international dans le cadre des réunions du Comité de conjoncture économique.

La mise en œuvre est progressive et structurée en deux phases pilotes. La première concerne les ministères de l’Éducation Nationale et de la Nouvelle citoyenneté, du Développement rural, de la Santé, et des Infrastructures et Travaux publics (ITP). La seconde inclut les ministères de la Défense nationale, de l’Agriculture, de l’Enseignement supérieur et universitaire, de la Pêche et de l’Élevage, ainsi que celui des Finances. Cette approche graduelle vise à sécuriser les dispositifs techniques, humains et organisationnels avant la généralisation.

À fin janvier 2026, la chaîne de la dépense interfacée est opérationnelle dans les quatre premiers ministères, avec équipements installés, comptes ouverts à la Banque centrale et logiciels en service, tandis que le déploiement se poursuit dans les cinq autres. La DGTCP est pleinement fonctionnelle, avec personnel, bâtiments et systèmes comptables actifs assurant la production régulière des soldes. Près de 55 comptables publics principaux et secondaires, formés par l’École Nationale des Finances, ont prêté serment en janvier et sont déployés dans les ministères pilotes. Les modules de dépense, de trésorerie et de comptabilité générale sont interfacés de manière sécurisée avec la Banque centrale, en phase finale, et les prochaines étapes portent sur la pleine opérationnalisation, la production des balances trimestrielles consolidées et la généralisation progressive de la réforme à toute l’administration.

Guy Yuma G-Y

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