Une nouvelle coalition de l’opposition vient de faire son entrée sur la scène politique de la République démocratique du Congo. Baptisée « Le Congo d’Abord » (CDA), cette plateforme est coordonnée par l’ancien député national Toussaint Alonga. Son ambition : replacer la justice au cœur du débat national et peser dans la recherche de solutions durables à la crise sécuritaire qui secoue l’Est du pays.
Au centre de son combat, l’exigence de l’installation d’un Tribunal pénal international pour la RDC. Pour la CDA, seule une juridiction internationale capable de juger les crimes commis sur le sol congolais par des nationaux comme par des étrangers pourra mettre fin à l’impunité chronique décriée depuis la publication du Rapport Mapping et d’autres enquêtes onusiennes restées sans suite judiciaire concrète.

La coalition dresse un tableau sombre de la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, marquées par la résurgence de la rébellion AFC/M23, accusée d’être soutenue par le Rwanda. Selon ses animateurs, l’instabilité persistante depuis près de trois décennies traduit l’effondrement progressif de l’État et l’infiltration de ses institutions par des intérêts privés.
Dans son réquisitoire, la CDA pointe également la responsabilité des régimes successifs depuis l’indépendance, accusés d’avoir fragilisé l’armée et affaibli l’autorité de l’État. Elle condamne ce qu’elle qualifie d’« agression rwandaise » et rejette toute velléité de remise en cause des frontières héritées de la colonisation, visant directement le président Paul Kagame.
Parallèlement à cette ligne dure, la coalition salue l’ouverture au dialogue exprimée par le chef de l’État Félix Tshisekedi. Elle estime qu’un dialogue inclusif et consensuel constitue un passage obligé pour restaurer la cohésion nationale, au moment où l’Angola, désigné à l’issue d’une réunion à Luanda, mène des consultations en vue d’un dialogue intercongolais.
Se présentant comme « une coalition qui apporte un plus », Le Congo d’Abord affirme vouloir rompre avec le cycle infernal fait d’élections contestées, de rébellions et de gouvernements d’union nationale. Son credo : justice, souveraineté et refondation de l’État. Reste à savoir si cette nouvelle dynamique saura s’imposer dans un paysage politique congolais en perpétuelle recomposition.
Guy Yuma G-Y






