Une tragédie s’est produite dans la journée du mercredi 11 février au cours de laquelle on a déploré la disparition de deux plongeurs venus du Rwanda.
Un drame qui résonne bien au-delà des eaux du Ruzizi. Ce duo, appelé en urgence pour rétablir le courant électrique au barrage de Ruzizi II, a trouvé la mort dans les profondeurs, laissant Bukavu et une partie du Sud-Kivu dans l’obscurité.
Selon des sources locales, l’intervention aurait été orchestrée par des rebelles du M23, épaulés par des éléments rwandais, dans un contexte où la panne technique paralysait l’ouvrage. La ville entière, ainsi que les territoires environnants, dépendaient de ce site stratégique pour leur alimentation électrique.
À 10h15, les plongeurs se sont enfoncés sous l’eau, porteurs de l’espoir d’un retour à la lumière. Mais l’espoir s’est mué en silence tragique : aucun des deux n’est remonté. Le corps de l’un a été repêché, tandis que le second restait prisonnier des profondeurs au moment des premières informations. À 17h30, l’électricité n’avait toujours pas été rétablie, et l’ombre pesait sur Bukavu.
Traditionnellement, des techniciens venus de Kinshasa intervenaient sur ce site vital. Mais la fragilité sécuritaire qui règne aujourd’hui dans le Sud-Kivu a conduit à privilégier des équipes venues du Rwanda. C’était la deuxième mission récente de ces plongeurs dans la zone, preuve de la dépendance croissante à des interventions extérieures dans un climat de tension.
Le barrage de Ruzizi II n’est pas seulement une infrastructure énergétique : il est un pivot régional, un symbole de stabilité et de vulnérabilité à la fois. Chaque incident qui l’affecte devient un révélateur des contradictions locales : la lutte pour l’électricité se mêle aux rivalités armées, et la mort de ces plongeurs rappelle que, dans cette région, même les profondeurs de l’eau sont traversées par les lignes de fracture du conflit.
B.M.






