Le quartier Pakadjuma, autrefois grouillant de vie au bord de la voie ferrée, s’est réveillé dans un silence étrange. Les bulldozers ont laissé derrière eux un paysage de gravats, de tôles froissées et de poussière suspendue dans l’air. Là où s’entassaient les maisons de fortune, il ne reste plus qu’un sol nu, balafré, comme si la mémoire du lieu avait été arrachée d’un seul geste.
La situation demeure extrêmement tendue : des actes de violence ont été signalés tôt ce matin.
Le sous-commissariat de la police sur BAT a été attaqué et brûlé, plusieurs motos, appartenant à des particuliers présents sur le site, ont également été brûlées pendant que d’autres ont été carrément volées dans la confusion.

Les habitants et témoins indiquent que le climat d’insécurité persiste, et que la situation n’est pas encore maîtrisée.
Un policier a été violemment agressé lors des affrontements. Il a subi une fracture au niveau du genou après avoir été tabassé. Son pronostic vital n’est pas engagé, selon les informations disponibles.
Témoignages des habitants
- Mado, vendeuse de beignets : « Je n’ai plus de table, plus de clients. On nous a dit que c’était pour réhabiliter le train, mais moi je ne sais pas où aller. C’est comme si on nous avait effacés. »
- Jean-Pierre, motard : « Ma moto, c’était mon gagne-pain. Elle a été brûlée dans la confusion. Maintenant je marche, je regarde les rails, et je me demande si le train vaut plus que nos vies. »
- Mama Odette, habitante depuis vingt ans : « Ici, j’ai élevé mes enfants. Aujourd’hui, je n’ai plus de maison. On nous a chassés comme des animaux. »
Ambiance électrique
Les ruelles autrefois animées sont devenues des couloirs de désolation. Les enfants jouent dans la poussière, ramassant des morceaux de bois ou de métal comme des trésors perdus. Les adultes, eux, parlent à voix basse, partagés entre colère et résignation. La présence policière est encore visible, mais elle inspire plus de crainte que de sécurité.

La réhabilitation de la voie ferrée est présentée comme un projet de modernisation et de développement. Pourtant, pour les habitants, elle se traduit par une dépossession brutale. Le train, symbole de progrès, devient ici le signe d’un effacement social. Les voix s’élèvent pour dire que l’ordre public ne peut se construire sur les ruines de vies précaires.
B.M.






