Depuis plus de trente ans, la République démocratique du Congo est confrontée à une crise sécuritaire persistante, faite de conflits armés récurrents, d’ingérences extérieures et de tentatives de règlement politique dont les résultats n’ont pas toujours répondu aux aspirations profondes du peuple congolais. C’est dans ce contexte historique marqué par la souffrance et l’instabilité que la récente prise de position du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, devant le corps diplomatique accrédité en RDC, mérite une attention particulière.
En réaffirmant son ouverture à un dialogue national tout en posant clairement ses limites, le Chef de l’État a fait preuve de responsabilité et de cohérence. Dire que le dialogue est possible, mais qu’il ne saurait inclure des criminels ni servir de mécanisme pour relativiser des agressions ou diluer des responsabilités établies, constitue un acte politique fort. Cette clarification était attendue par une population lassée de voir la violence récompensée et l’impunité érigée en méthode de gestion des crises.
L’histoire politique récente de notre pays démontre que le dialogue, lorsqu’il est vidé de ses principes fondamentaux, peut devenir un instrument de fragilisation de l’État. De la Conférence nationale souveraine aux accords de Sun City, en passant par Lusaka, Goma, Kampala ou encore les processus régionaux plus récents, la RDC a souvent accepté de négocier sous contrainte, parfois en intégrant à la table des discussions des acteurs directement responsables de crimes graves contre les populations civiles. Cette approche a laissé des blessures profondes et a entretenu un sentiment d’injustice durable.
Les provinces de l’Est du pays illustrent tragiquement les conséquences de ces choix. Des millions de Congolais y ont perdu la vie ou ont été contraints à l’exil interne, tandis que des communautés entières ont été détruites. Pendant longtemps, la logique selon laquelle la prise des armes ouvrait la voie à la reconnaissance politique a nourri un cycle de violences sans fin. Face à cette réalité, la position du Président Tshisekedi marque une rupture salutaire. Refuser le dialogue avec ceux qui ont commis des crimes contre les populations civiles ne revient pas à fermer la porte à la paix, mais à refuser qu’elle se construise au prix de l’humiliation des victimes.
Le Chef de l’État a également rappelé que tout dialogue interne doit se tenir sur le sol congolais, sous la conduite des institutions légitimes de la République et dans le strict respect de la Constitution et des lois nationales. Cette exigence traduit une volonté claire de restaurer la souveraineté nationale et de mettre fin à une pratique où l’avenir du Congo se décidait trop souvent en dehors de ses frontières. Elle envoie aussi un message rassurant aux partenaires internationaux : la RDC entend assumer pleinement ses responsabilités, sans renoncer à ses droits.
En soulignant que le dialogue intérieur ne saurait se substituer aux obligations internationales liées à l’agression dont la RDC se dit victime, le Président Tshisekedi a replacé le débat à son juste niveau. La paix durable ne peut être fondée sur l’oubli ou la relativisation des faits. Elle exige vérité, responsabilité et respect du droit international.
La réaffirmation de l’engagement de l’État à faire triompher la justice pour les victimes des violences armées constitue un autre pilier essentiel de cette démarche. Promettre que les procédures judiciaires iront jusqu’à leur terme, sans faiblesse ni complaisance, c’est reconnaître que la justice est une condition indispensable à toute réconciliation sincère et à toute paix durable.
En ma qualité de président de la jeunesse de l’ACP, parti cher au sénateur Gentiny Ngobila Mbaka, je tiens à souligner que cette ligne de fermeté correspond aux attentes profondes de la jeunesse congolaise. Nous aspirons à un État fort, respecté, où la violence n’est plus un raccourci politique et où la dignité des citoyens n’est pas sacrifiée au nom de compromis de circonstance. Soutenir le Président de la République dans cette démarche, c’est faire le choix de la souveraineté, de la responsabilité et de la mémoire des victimes.
Le discours du Président Félix Tshisekedi devant la communauté diplomatique ne doit donc pas être interprété comme un refus du dialogue, mais comme une exigence de clarté et de cohérence. Le dialogue reste possible et nécessaire, mais il doit être encadré, souverain et respectueux des principes fondamentaux de justice et de dignité humaine. La jeunesse de l’ACP apporte son soutien plein et entier à cette vision, convaincue qu’elle ouvre la voie à une paix durable et à une République démocratique du Congo véritablement maîtresse de son destin.
ML






