Un nouveau front diplomatique se dessine entre la République démocratique du Congo et le Rwanda au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Selon plusieurs sources concordantes, Kinshasa envisagerait de présenter un candidat congolais au poste de secrétaire général de l’organisation, actuellement occupé par la Rwandaise Louise Mushikiwabo, en fonction depuis 2018 et candidate à sa propre succession.
Cette initiative marque un revirement stratégique majeur. Lors de son accession à la tête de l’OIF, Louise Mushikiwabo avait bénéficié du soutien appuyé de la RDC. Aujourd’hui, Kinshasa semble déterminée à capitaliser sur son statut de premier espace francophone mondial afin de rééquilibrer les rapports de force au sein de l’institution.
Au-delà du signal politique adressé à Kigali, la question centrale demeure : qui pour affronter Louise Mushikiwabo ?
Dans les cercles diplomatiques, deux noms reviennent avec insistance : Christophe Lutundula Apala, ancien ministre des Affaires étrangères et figure reconnue de la diplomatie congolaise, et Isidore Kwandja Ngembo, représentant de la RDC auprès du Conseil d’orientation du Comité international des Jeux de la Francophonie et directeur national des IXᵉ Jeux de la Francophonie.
Si Christophe Lutundula incarne une option politique et institutionnelle, fort d’une connaissance approfondie des mécanismes diplomatiques africains et multilatéraux, Isidore Kwandja Ngembo représente un profil davantage technique, culturel et francophone, susceptible de rallier les milieux institutionnels, culturels et sportifs de l’espace francophone.
Face à une Louise Mushikiwabo solidement implantée, disposant de réseaux consolidés après deux mandats et du soutien de plusieurs capitales africaines et occidentales, Kinshasa devra opter pour un profil consensuel, crédible et fédérateur, capable de dépasser le clivage RDC–Rwanda.
La bataille ne se jouera pas uniquement sur le terrain politique, mais aussi sur celui de la légitimité culturelle, diplomatique et linguistique. Pour une RDC souvent critiquée pour son absence à certaines grandes rencontres de l’OIF, l’enjeu dépasse la simple conquête d’un poste : il s’agit d’un test de cohérence, de constance et de crédibilité diplomatique.
Une campagne intense de lobbying s’annonce auprès des États membres. Plus qu’un face-à-face entre Kinshasa et Kigali, c’est la capacité de la RDC à proposer une vision crédible et mobilisatrice de la Francophonie qui sera jugée.
ML






