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Contrôle des entités de traitement : le rapport du ministère des Mines met à nu de graves dérives dans le secteur minier

Les récents affrontements entre creuseurs artisanaux et forces de l’ordre à Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, ont brutalement remis au premier plan les fragilités de la gouvernance minière en République démocratique du Congo. Sur fond de tensions autour de l’exploitation artisanale et du fonctionnement des entités de traitement, ces violences trouvent aujourd’hui un éclairage particulier à la lecture du rapport préliminaire du ministère des Mines.

Rendu public dans un communiqué officiel daté du 28 janvier 2026, ce rapport est issu des travaux d’une Commission ad hoc chargée de contrôler la conformité administrative, juridique et technique des entités de traitement opérant dans les filières du cuivre et du cobalt. Les missions menées dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga ont mis en évidence de nombreux dysfonctionnements structurels, compromettant la légalité et la transparence des activités minières.

Parmi les principales irrégularités relevées figurent la non-conformité de la composition du capital social de plusieurs entreprises, en violation du Code minier qui impose une participation congolaise d’au moins 50 %, le cumul illégal de titres incompatibles (permis d’exploitation et agrément d’entité de traitement), l’absence de contrats formels avec les coopératives minières artisanales, de graves failles dans la traçabilité du cobalt artisanal ainsi qu’un manque criant de transparence dans la déclaration des productions, des ventes et des revenus.

Dans la seule province du Lualaba, 13 entités de traitement ont été recensées, dont une n’a pas répondu à la convocation de la Commission, un comportement qualifié de préoccupant par les autorités. Face à ces manquements, des injonctions de mise en conformité ont été notifiées aux structures concernées, assorties de délais stricts. Le ministère prévient que toute persistance dans la violation des lois minières exposera les contrevenants à des sanctions administratives et pénales prévues par la législation en vigueur.

Le ministère des Mines annonce par ailleurs un renforcement des contrôles internes sur l’ensemble du territoire national afin d’identifier d’éventuelles responsabilités au sein de l’administration, notamment en lien avec le non-respect du moratoire et les violations répétées constatées. Alors que Kolwezi tente de retrouver son calme, ce rapport s’impose comme une étape clé vers la restauration de l’ordre, de la transparence et de la justice sociale dans le secteur minier, avec pour objectif de prévenir de nouveaux affrontements et de garantir une exploitation responsable, durable et bénéfique pour les artisans miniers et l’économie nationale.

Kent Ilunga

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