Le gouvernement provincial de Kinshasa a décidé de frapper fort contre le fonctionnement anarchique des morgues dites « de quartier ». Dans un communiqué officiel, le ministère provincial de la Santé a annoncé l’interdiction de toute structure de conservation des dépouilles ne répondant pas aux normes sanitaires et réglementaires en vigueur.
Depuis plusieurs années, la capitale congolaise assiste à la prolifération de morgues de fortune : chambres froides improvisées, corps conservés à proximité des habitations, odeurs persistantes et absence de contrôle sanitaire. Une situation jugée dangereuse pour la santé publique et attentatoire à la dignité humaine, que les autorités provinciales entendent désormais éradiquer.
Désormais, seules les morgues rattachées à des hôpitaux dûment agréés seront autorisées à fonctionner. Les particuliers, sociétés commerciales et opérateurs funéraires non reconnus sont exclus. La conservation des corps redevient ainsi un service hospitalier strictement encadré, mettant fin à un commerce parallèle longtemps toléré.
Le ministère provincial de la Santé évoque la nécessité de protéger la population contre les risques de contamination, de rétablir l’ordre sanitaire et de garantir le respect dû aux défunts. Les nouvelles directives imposent une autorisation écrite préalable, le respect strict des normes d’hygiène et de sécurité, ainsi que la certification et la formation du personnel.
Si la mesure est perçue comme une avancée majeure en matière de gouvernance sanitaire, elle soulève néanmoins des inquiétudes. Dans une ville où les infrastructures hospitalières restent limitées et parfois coûteuses, la question de l’accessibilité des morgues agréées pour les familles les plus démunies demeure posée. Kinshasa ouvre ainsi un nouveau chantier sensible : celui de la régulation d’un secteur au croisement de la santé publique, de l’éthique et des réalités sociales.
B.M






