Considéré comme le plus grand orphelinat d’Afrique centrale, l’Orphelinat national de Kisangani, dans la province de la Tshopo, offre aujourd’hui l’image d’un patrimoine social laissé à l’abandon. Construit en 1968, cet établissement emblématique traverse une période de dégradation avancée après plusieurs décennies de négligence.

Implanté sur une superficie de 16 hectares, le site abritait autrefois des infrastructures complètes destinées à la prise en charge des orphelins : un centre de santé, des ateliers de formation professionnelle, des dortoirs pouvant accueillir jusqu’à 600 pensionnaires, une salle de lecture, une bibliothèque et une salle des fêtes. Aujourd’hui, la quasi-totalité de ces installations est dans un état de délabrement préoccupant.
Privé de moyens financiers suffisants pour assurer son fonctionnement, le gestionnaire actuel est contraint de louer certaines parties du site à des personnes sans abri. Une mesure de survie visant principalement à protéger l’espace contre des tentatives de spoliation.
L’orphelinat abrite également une aire de santé dénommée Marie-Antoinette, théoriquement destinée à desservir une population estimée à 13 213 habitants. Dans les faits, cette structure sanitaire fonctionne sans équipements essentiels : ni lits, ni salle d’accouchement, ni matériel médical de base.

Face à cette situation, de nombreux observateurs estiment qu’une intervention urgente de l’État congolais s’impose. Au regard de son histoire et de son rôle social, la réhabilitation de l’Orphelinat national de Kisangani apparaît comme une nécessité pour lui permettre de retrouver sa vocation première : l’encadrement et la protection des enfants orphelins.
G-Y






