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Dialogue en RDC : le professeur Michel Bongongo exhorte la classe politique à tourner la page du passé

À Kinshasa, l’attention politique se concentre sur les prochains jours, annoncés comme décisifs pour la mise en place du cadre du dialogue national en République démocratique du Congo. Cette séquence cruciale rappelle, pour nombre d’observateurs, le dialogue conduit en 2016 sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires.

Alors que la perspective d’un dialogue national inclusif, sous médiation angolaise, prend forme, plusieurs interrogations persistent quant à la participation effective des différentes parties prenantes. Majorité au pouvoir, opposition politique, société civile, mais aussi la coalition rebelle AFC/M23, qui exige un dialogue sans le président de la République Félix Tshisekedi, cristallisent les débats et nourrissent les divergences autour du processus.

Dans un entretien téléphonique accordé à la rédaction de Bosolo-Infos.cd depuis le Canada, où il séjourne, le professeur Michel Bongongo estime que l’histoire récente du pays impose prudence et méthode. Selon lui, « beaucoup de travail reste à faire » pour que ce dialogue voie le jour, en raison notamment des blessures politiques encore ouvertes. Il plaide pour la multiplication des contacts et des initiatives de rapprochement afin de créer un climat de confiance propice à un dialogue véritablement inclusif.

« Nous sommes conscients que la RDC est embourbée dans une crise profonde et que nous avons urgemment besoin de l’aide et de la médiation de nos frères africains pour en sortir », a-t-il déclaré. Pour l’universitaire, l’attitude affichée par les responsables politiques et les acteurs de la société civile constitue néanmoins un signal encourageant. « Les acteurs politiques et les membres de la société civile semblent disposés favorablement à la médiation angolaise », a-t-il insisté.

Évoquant le rôle des confessions religieuses dans l’hypothèse où l’Angola assumerait la médiation, Michel Bongongo propose l’intégration de la CENCO et de l’Église du Christ au Congo (ECC) au sein du bureau d’organisation du dialogue. Cette structure pourrait, selon lui, réunir des représentants des confessions religieuses, de la majorité présidentielle, de l’opposition radicale, de l’opposition pro-pouvoir, de l’opposition républicaine, de la société civile ainsi que des experts indépendants.

Face aux revendications de l’AFC/M23 et aux clivages persistants, l’universitaire appelle l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à un dépassement collectif. « Nous devons nous libérer de nos déceptions, de nos incompréhensions et de nos rancœurs. Il est impératif d’abandonner l’esprit de guerre et la violence verbale pour accepter de nous asseoir autour d’une même table, sous l’égide du président de la République », a-t-il déclaré.

Pour le professeur Bongongo, les initiatives diplomatiques engagées à Washington, à Doha, ainsi que le dialogue national attendu à Kinshasa, s’inscrivent dans une dynamique globale visant à recréer un environnement sécuritaire, social, politique et économique favorable à une paix durable. Ce retour à la stabilité, souligne-t-il, permettra à la RDC de mettre en œuvre des politiques publiques susceptibles d’améliorer les conditions de vie des populations et de renforcer un climat de bon voisinage dans la région.

G-Y

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