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Tribune/Kinshasa : 3 000 policiers et agents mobilisés dès le 26 janvier : Daniel Bumba s’attaque aux symptômes, pas à la maladie

À Kinshasa, la circulation et l’assainissement ne sont plus de simples problèmes passagers. Ils font désormais partie du quotidien. À la moindre pluie, la ville se noie. À chaque chantier ouvert, elle se bloque. Et pendant que les habitants subissent, les décisions prises à la tête de la province donnent l’impression de traiter l’urgence sans jamais s’attaquer au fond du problème.

Les inondations répétées qui paralysent la capitale ne sont pas une fatalité. Elles sont le résultat d’années de mauvaise planification, de caniveaux laissés à l’abandon et d’un système de drainage qui ne fonctionne plus. Une question revient sans cesse, sans jamais trouver de réponse claire : où sont passés les fonds destinés à l’assainissement et à la réhabilitation des routes ?

Les travaux lancés ces derniers mois n’ont rien arrangé. Beaucoup sont restés inachevés. Des routes importantes ont été fermées sans explication, sans délai annoncé, sans solutions de rechange sérieuses. Résultat : des embouteillages interminables, des trajets qui durent des heures et une activité économique ralentie. Kinshasa avance au ralenti, prisonnière de chantiers mal pensés et mal suivis.

C’est dans ce contexte que le gouverneur Daniel Bumba annonce le déploiement, dès le 26 janvier, de 3 000 policiers et agents pour faire respecter le code de la route sur plusieurs carrefours de la ville. Sur le principe, faire respecter la loi n’est pas un problème. Mais dans la réalité de Kinshasa, cette décision pose question.

Comment parler de discipline routière quand les routes sont défoncées ou coupées ? Comment sanctionner des conducteurs obligés de zigzaguer entre des chantiers abandonnés et des rues impraticables ? En pratique, cette opération risque surtout de créer un effet de peur.
Beaucoup de conducteurs non en règle préféreront rester chez eux. Pendant un temps, la circulation paraîtra plus fluide. Mais cette fluidité ne sera qu’une illusion. Elle ne viendra ni de meilleures routes ni d’une meilleure organisation, mais simplement de l’absence forcée de certains usagers. Et une fois cet effet dissipé, les mêmes problèmes referont surface. Une question s’impose alors : si tous les conducteurs étaient en règle aujourd’hui, sur quelles routes rouleraient-ils réellement ?

Le problème dépasse largement la circulation. Il révèle un manque évident de leadership. Diriger Kinshasa demande une vision claire, des priorités assumées et surtout la capacité de terminer ce qui est commencé. Aujourd’hui, ce qui domine, c’est l’improvisation, l’absence de suivi et une gestion qui donne le sentiment de naviguer à vue.
Kinshasa n’a pas besoin d’annonces spectaculaires ni d’opérations de façade.

Elle a besoin de routes praticables, de caniveaux entretenus, de chantiers terminés et de transparence dans la gestion des fonds publics. Tant que ces questions resteront sans réponse, la ville continuera de suffoquer.
S’attaquer aux symptômes peut donner l’illusion d’agir. Mais tant que la maladie n’est pas traitée, Kinshasa continuera de payer le prix fort au quotidien.

ML

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