Les urnes n’ont pas encore livré un verdict définitif, mais la bataille pour le pouvoir est déjà lancée en Israël. Le Premier ministre sortant, Benyamin Netanyahu, et son rival Gadi Eisenkot se disent tous deux prêts à former le prochain gouvernement, alors que les premières tendances du scrutin ne permettent pas de dégager une majorité parlementaire évidente. Selon le journal israélien Haaretz, cité dans les informations relayées par RFI, le bloc de Netanyahu arrive en tête après le dépouillement de 60 % des bulletins.
Cette élection, la première depuis les attaques du 7 octobre 2023, a mobilisé massivement les électeurs israéliens. Le taux de participation a atteint 77,7 %, selon les chiffres communiqués dans les premières estimations, un niveau présenté comme le plus élevé depuis 1999. Cette forte mobilisation témoigne de l’importance des enjeux politiques et sécuritaires qui dominent le débat national.
Mais arriver en tête ne signifie pas nécessairement gouverner. Pour obtenir la majorité à la Knesset, le Parlement israélien, il faut réunir au moins 61 sièges sur 120. Netanyahu et Eisenkot doivent donc engager d’intenses négociations pour rallier les formations politiques nécessaires à la constitution d’une coalition. À défaut, la formation d’un gouvernement minoritaire ou l’organisation de nouvelles élections restent des scénarios possibles. Netanyahu a, par ailleurs, exclu tout compromis avec les partis arabes, compliquant davantage les calculs politiques.
Sur le terrain politique, les tensions se cristallisent également autour de la gestion des questions sécuritaires. L’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot a mis en garde Netanyahu contre toute instrumentalisation de la sécurité à des fins politiques. De son côté, le Premier ministre sortant a évoqué une « opportunité historique unique » avec le président américain Donald Trump pour éliminer définitivement, selon ses propres termes, la menace existentielle que représenterait l’Iran pour Israël.
Dans le camp de l’opposition, le dirigeant de la gauche israélienne, Yaïr Golan, a appelé les adversaires de Netanyahu à s’allier aux partis arabes afin de tenter de former une majorité et de mettre fin au pouvoir du Premier ministre. Alors que les tractations s’annoncent décisives, l’avenir politique d’Israël dépendra désormais de la capacité des différents blocs à dépasser leurs divergences. Entre rivalités, calculs parlementaires et enjeux sécuritaires, le véritable vainqueur de ce scrutin pourrait finalement être celui qui parviendra à réunir les 61 sièges indispensables pour gouverner.
Guy Yuma G-Y






