À l’occasion du 20ᵉ anniversaire de la Constitution de la République démocratique du Congo (RDC), les regards se tournent vers ce texte fondateur adopté après le référendum de 2005. Vingt ans plus tard, une question anime le débat national : faut-il modifier ou changer la Constitution ? Les avis sont partagés.
Pour Muller Dey Tshiama, cadre du parti politique AREP, la souveraineté première revient au peuple d’en décider de l’avenir de son pays en dotant ce dernier d’un instrument juridique adapté aux us et coutumes :
« Le peuple est souverain. Donc, on doit laisser le peuple décidé. Est-ce qu’il faut soit réviser ou soit changer. Je pense que le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi est le premier représentant du peuple et sera à l’écoute. Si le peuple décide du changement de la constitution, je pense que le Chef de l’État sera en accord avec celà, » a fait savoir Muller Dey Tshiama.
A en croire ce leader d’opinion, « Le temps est favorable pour repenser à l’État congolais en lui dotant d’un texte fruit de la volonté consensuelle des Congolais d’abandonner la tyrannie, l’instabilité politique et institutionnelle, de mettre fin aux crises récurrentes et de bâtir un État de droit fondé sur le respect des principes et des valeurs démocratiques, afin de doter le pays d’un nouvel ordre politique, » a souligné Muller Dey Tshiama.
Aujourd’hui, après quatre cycles électoraux, nous avons l’impression d’assister à un recul démocratique, marqué par la résurgence des contestations de légitimité. C’est précisément ce type de crise chronique qui avait conduit les Congolais à se réunir à Sun City en 2002, afin d’y mettre un terme et de donner au pays toutes les chances de se reconstruire.
Malgré les velléités répétées de modifier certaines dispositions verrouillées, la constitution a résisté. Elle a tenu face aux tempêtes politiques et aux ambitions personnelles. Elle continue aujourd’hui de maintenir l’édifice congolais debout, garantissant l’équilibre des institutions et la protection des principes démocratiques.
Comme toute œuvre humaine sur Terre, il y a ceux qui aiment et ceux qui n’aiment pas, ce qui est tout à fait normal. Ainsi, les protagonistes de la constitution poursuivront leur combat pour son changement, tandis que les antagonistes renforceront la vigilance citoyenne.
Édouard Tshiama Musasa






